LDH Alès

Procès du 21 octobre : Bernard Coste relaxé

vendredi 21 octobre 2011, par LDH-Ales

Le jugement vient d’être rendu.

les faits de "menaces de mort sur un policier dans l’exercice de ses fonctions" ont été requalifiés en "outrage"

Le procureur a requis 1500 euros d’amende dont 750 euros avec sursis, sur la base d’un argument vaseux " Monsieur Coste est un syndicaliste qui participe à toutes les manifs depuis plus de 20 ans et il n’a pas reconnu les policiers ?"

Maitre Soulier , avocate de Bernard a insisté sur le fait que le dossier était vide, et que l’infraction n’était pas caractérisée puisque rien ne permettait de savoir que les 3 individus cagoulés était des policiers, "des policiers dans une voiture de location sur le parking de la bourse du travail, qui surveillent des syndicalistes en train de rédiger des tracts" c’est une situation tellement ubuesque que personne ne pouvait penser avoir affaire à des policiers.

L’argument vaseux du procureur a été démonté par Maitre Soulier : "Monsieur Coste manifeste pacifiquement depuis plus de 20 ans, il suit calmement les banderolles et les autres manifestants, il n’a jamais posé aucun problème dans une manifestation depuis toutes ces années, il n’a donc aucune raison de reconnaitre les policiers", elle aurait pu ajouter que ces policiers sont "nouveaux" dans la région, ils appartiennent à la BAC qui ne gère les manifestations que depuis 2 ou 3 ans et qui sauf erreur sont basés sur Nîmes." Enfin elle s’est appuyée sur le rapport de la commission rogatoire de mai 2011 dont les conclusions sont éloquentes, le film saisi n’apporte aucun élément qui corrobore les accusations, et la phrase de menace que l’on entend dans le film "Je vais te casser la tête" n’a rien à voir avec le contenu de la plainte qui citait la menace suivante "Je vais cramer ta voiture et toi avec", phrase que Bernard n’a jamais reconnu avoir prononcé. D’après les propos tenus par les témoins présents lors de l’audience dans le couloir du palais de justice la phrase entendue dans le film aurait été prononcée par l’un des policiers ! De fait des noms d’oiseaux ont été prononcés de part et d’autre et la seule victime de violences est un syndicaliste qui a subi une ITT de 2 jours et dont la plainte a été classée sans suite.

La défense a en outre fourni 4 témoignages qui confirment l’essentiel : les policiers ne portaient aucun brassard, pas de gyrophare sur la voiture, à aucun moment ils n’ont signifié même oralement leur appartenance à la police, la voiture était un véhicule de location et n’avait donc pas de plaque minéralogique permettant d’identifier le véhicule comme une voiture de police.

Le tribunal a donc logiquement prononcé la relaxe.

Il faut attendre pour savoir si la partie civile ou le parquet décident de faire appel de cette décision.

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