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communiqué de presse suite à la manifestation du 19 octobre 2010

mercredi 20 octobre 2010, par LDH-Ales

la politique du flash-ball... la pédagogie de la matraque

Un gouvernement sourd et qui répond toujours par la même logique répressive, voilà ce que nous vivons actuellement.

Depuis quelques jours il y a une moyenne de 100 arrestations quotidiennes. Mardi à Alès, à la fin de la manifestation, il a suffit que les grilles de la sous préfecture soient secouées (expression de la colère bien compréhensible) pour enclencher la spirale de la violence : jets de gaz lacrymogènes, le résultat ne tarde pas les containers-poubelles placés devant la grille sont incendiées, du coup interpellation d’un jeune mineur qui, de son propre aveux, était simplement dans un groupe remuant et ...coïncidence, il est "coloré". Alors que la police n’a rien de précis à lui reprocher il est embarqué au commissariat.

Évidemment, solidarité oblige, une bon nombre de manifestants se rendent au commissariat et demandent des comptes et des explications Deux représentants de La Ligue des droits de l’Homme demandent des explications. Ils ne peuvent rentrer mais dans le hall vitré un policier protégé par la grille explique de façon très confuse :
- il n’y a pas à s’inquiéter
- il s’agit d’un jeune qui était là presque par hasard qui observait la manifestation,
- oui,oui il est majeur,
- non on a rien à lui reprocher ..."ben qu’est ce qu’il fait alors dans les locaux de la police ?"
- c’est juste un contrôle "quel contrôle ?" -on ne sait pas mais calmez donc ces manifestants. "Ben il suffit de relâcher cet adolescent pour qu’ils se calment...leur colère est bien compréhensible !"

Les propos sont tellement dénués de sens que les jeunes qui ont envahis le hall se fâchent secouent la grille et évidemment le résultat ne tarde pas ils sont copieusement aspergés de gaz.

A partir de là la situations dégénère : Charge de police, jets de grenades et aérosols lacrymogènes, une dame âgée est blessée à la tête, nous avons toutes les peines du monde à calmer les lycéens. Les flash-ball sont braqués et pas toujours au dessous de la ligne des épaules comme l’exige la règle d’utilisation. Heureusement quelques militants plein de sang- froid arrivent à dissuader la police (municipale semble-t-il) de ne pas utiliser cette arme.

Enfin le jeune, qui est mineur contrairement à ce qui était affirmé est relâché et les manifestants refluent doucement sur la place mais en guise d’au-revoir la police nous gratifie d’une dernière salve de grenades alors que tout le monde est calmement en train de discuter au pied de la statue de Jb Dumas qui ce jour là était bien le seul à ne pas pleurer. Une façon d’avoir le dernier mot !

Comment dans ces conditions pourrait-on croire que ce gouvernement veut faire de la pédagogie la pédagogie de la matraque oui ! D’ailleurs quelle pédagogie pourrait faire avaler cette politique injuste qui dépouille les plus démunis au profit des nantis et qui n’a qu’une seule réponse à tout : la charge de police ? Allez circulez ! et quand les violences tardent à se manifester on les provoque. Cette pédagogie en direction des jeunes risque d’avoir un effet contraire à celui escompté par le gouvernement comme en témoigne un père de lycéenne :

"Ma fille est une élève brillante qui ne demandait qu’à avoir un diplôme et à rentrer dans cette société, mais maintenant elle est révoltée et je crois que désormais les études ne seront plus prioritaires pour elle, je sais que je dois ça à Sarkozy, désormais son intégration dans cette société est fortement compromise. Une chose est certaine des changements irréversibles ce sont produits aujourd’hui dans la conscience de certaines personnes, dans notre petite ville tranquille et loin de tout, de nombreuses personnes ont touché du doigt un parfum de totalitarisme."

parfum qui risque de nous faire pleurer bien plus que l’odeur des gaz lacrymogènes.

La section alésienne de la Ligue des droits de l’Homme

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