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une mère de famille témoigne

jeudi 21 octobre 2010, par LDH-Ales

Manif d’Alès, mardi 19/10/10.

La manifestation s’est déroulée dans le calme, mais il y a à nouveau eu au dernier moment une arrestation abusive d’un jeune, qui ne faisait rien qu’être là. Nous sommes tous allés à l’hôtel de police demander des explications et sa libération, et encadrer les lycéens évidemment révoltés et dégoutés. Tout le monde était calme, on attendait simplement. Il y avait de tout monde, des pompiers en grève, des enseignants, des ouvriers, ..., des politiques, des jeunes, des vieux...

Cela n’a pas empêché les policiers d’essayer de dégager l’accès à l’aide de gaz lacrymo ; on a dû reculer plusieurs fois (alors qu’on était relativement loin) parce que les gaz nous faisaient suffoquer. Nous étions sur le trottoir face à l’hôtel de police, à côté de moi, il y avait mon mari avec notre fille de 4 ans sur les épaules. Nous n’avions pas de raison de nous inquiéter, ni de nous sentir en danger, car les gens étaient calmes.

Puis les CRS sont arrivés en voiture, on les a vu sortir, se positionner à quelques mètres de nous accroupis avec leurs boucliers (ce qui m’a semblé sur le coup ridicule), et charger immédiatement, sans prévenir ni avoir de raison valable. Ils nous ont foncé littéralement dessus avec les matraques en hurlant et en lançant à nouveau des grenades lacrymo, dont une est tombée à mes pieds. Ma fille de 4 ans a donc inhalé des gaz.

Rien n’a justifié leur attaque, tout le monde était paniqué, et ensuite horrifié, scandalisé par leur attitude ! Comment peut-on vivre de pareilles situations en démocratie ? Comment croire ces médias qui le soir même parlent de "casseurs" et de dérapage dans la violence chez les jeunes, alors que moi, je n’ai vu que des policiers en train d’envenimer la situation.

Ils nous ont obligé à nous éparpiller, mais partout, tout le monde partait en répétant que c’était un scandale, qu’on n’avait jamais vu une telle atteinte aux libertés, etc... Ils se répétaient cela comme s’ils n’arrivaient pas à croire ce qu’ils avaient vu et que ce n’était qu’un cauchemar.

Plus tard, dans la voiture, ma fille, qui avait pleuré quand les gens ont crié "au secours", a dit à son père, calmement : "Tu sais, papa, c’est la première fois que je voyais des vrais méchants, ils m’ont fait très peur". Et le lendemain, au réveil, elle nous a encore demandé : "Pourquoi ils nous couraient après, les méchants messieurs ?". J’ai été surprise de voir à quel point, malgré la rapidité de la scène, elle avait tout compris... Dire qu’elle parlait de policiers ... c’est quand même une honte, non ?

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